Qu’est-ce que le yoga?
Réponse de Patanjali
Réponse de Patanjali
Qu’est-ce que le yoga ?
Aujourd’hui, le mot yoga évoque souvent des postures, de la souplesse, une respiration plus consciente ou encore un moment de détente. Mais pour Patañjali, le yoga ne se réduit pas à une pratique corporelle. Il désigne une transformation beaucoup plus profonde : une autre manière d’être en relation avec son esprit, avec soi-même et avec le monde.
La réponse de Patañjali tient en quelques mots, dans le deuxième sūtra des Yoga Sūtra :
« Yogaś citta-vṛtti-nirodhaḥ. »
On traduit généralement cette phrase par :
« Le yoga est l’arrêt des fluctuations du mental. »
Ou, de manière plus proche du sens du texte :
« Le yoga est l’arrêt des mouvements de la conscience. »
Patañjali est une figure majeure de la tradition philosophique indienne, traditionnellement associée au yoga.
Il est considéré comme l’auteur des Yoga Sūtra, un texte fondamental qui rassemble en 196 aphorismes une réflexion sur l’esprit, la conscience et la libération.
On situe généralement sa période entre le IIᵉ siècle av. J.-C. et le IVᵉ siècle apr. J.-C., mais sa biographie reste incertaine.
Son enseignement décrit notamment les huit membres du yoga (aṣṭāṅga), dont les indications de conduites envers soi et le collectif (yama et niyama), les postures, la respiration, la concentration et la méditation.
Le premier mot important est citta. Il est souvent traduit par « mental », mais sa portée est plus large. Citta désigne le champ de la conscience psychique : nos pensées, nos émotions, nos souvenirs, nos perceptions, nos représentations, tout ce qui vient colorer notre expérience intérieure.
Nous faisons quotidiennement l’expérience de ce mouvement.
Une pensée apparaît, puis une autre. Un souvenir surgit. Une inquiétude nous entraîne vers le futur. Une émotion modifie notre perception d’une situation. Une parole entendue le matin peut continuer à résonner plusieurs heures plus tard.
Notre esprit est en mouvement presque continuellement.
Patañjali ne considère pas nécessairement ces mouvements comme mauvais. Le problème est plutôt que nous sommes facilement emportés par eux. Nous prenons nos pensées pour la réalité, nos émotions pour notre identité, nos souvenirs pour ce que nous sommes.
C’est ici que le yoga commence à prendre un autre sens.
Le terme vṛtti (se prononce vritti) peut être compris comme une modification, une activité ou une fluctuation.
Imaginez la surface d’un lac. Lorsque l’eau est agitée par le vent, elle se couvre de vagues. Il devient difficile de voir clairement ce qui se trouve au fond.
Notre esprit peut fonctionner de la même manière.
Lorsque les pensées, les désirs, les peurs, les souvenirs et les projections se succèdent sans interruption, notre perception de nous-mêmes devient elle aussi mouvante. Nous nous identifions à ce qui traverse notre esprit :
« Je suis anxieux. »
« Je suis en colère. »
« Je suis heureux. »
« Je suis incapable. »
« Je dois réussir. »
Pourtant, une question peut apparaître :
Si je peux observer ma colère, suis-je uniquement cette colère ? Si je peux voir passer une pensée, suis-je cette pensée ?
Le yoga ouvre précisément cet espace.
Le troisième terme, nirodha, est probablement le plus délicat à comprendre.
On le traduit souvent par « arrêt », « cessation » ou « maîtrise ». Mais il ne s’agit pas simplement de forcer son esprit à ne plus penser.
Le yoga de Patañjali n’est pas une guerre contre les pensées.
Chercher à ne plus penser peut d’ailleurs devenir une nouvelle agitation : « Il faut absolument que mon esprit soit vide. Pourquoi est-ce que je pense encore ? » Le mouvement est alors toujours là.
Nirodha peut plutôt être compris comme un processus d’apaisement et de maîtrise des mouvements du mental. Il s’agit progressivement de ne plus être entièrement soumis à ce qui apparaît dans la conscience.
La pensée peut être là sans nous emporter. L’émotion peut être là sans devenir toute notre identité. Une sensation peut être observée sans que nous soyons obligés d’y réagir immédiatement. Le mental retrouve alors une forme de stabilité.
Le yoga n’est donc pas seulement une activité physique
À la lumière de ce deuxième sūtra, on comprend pourquoi réduire le yoga aux postures serait trop limité.
Les āsana, les postures, peuvent faire partie du chemin. La respiration, la concentration, la méditation et les différentes pratiques décrites par la tradition peuvent également y participer.
Mais leur finalité est plus profonde que la simple recherche d’un corps souple ou détendu.
Elles peuvent nous aider à développer une qualité d’attention et de présence grâce à laquelle nous observons progressivement les mouvements de notre esprit.
Le corps devient alors une porte d’entrée vers une transformation intérieure.
Alors, que se passe-t-il lorsque le mental s’apaise ?
Patañjali donne immédiatement une réponse dans le sūtra suivant :
« Tada draṣṭuḥ svarūpe ‘vasthānam. »
On peut le traduire ainsi :
« Alors, le voyant demeure dans sa propre nature. »
Le mot draṣṭṛ, « le voyant » ou « celui qui voit », est essentiel.
Lorsque nous sommes constamment absorbés par nos pensées et nos émotions, nous avons tendance à nous confondre avec ce que nous expérimentons.
Lorsque les fluctuations s’apaisent, une distinction devient possible entre ce qui se passe à l’intérieur et celui qui observe.
Le yoga n’aurait donc pas pour objectif de fabriquer un nouveau personnage — un « moi calme », un « moi spirituel » ou un « moi parfait ».
Il s’agirait plutôt de découvrir ce qui demeure lorsque les identifications habituelles se calment.
Une définition du yoga qui change notre regard
Le deuxième sūtra de Patañjali propose ainsi une définition du yoga étonnamment simple et radicale.
Le yoga n’est pas d’abord quelque chose que l’on fait.
C’est un état dans lequel notre relation aux mouvements de la conscience se transforme.
Pratiquer le yoga, ce n’est donc pas nécessairement chercher à obtenir davantage : davantage de souplesse, davantage de contrôle, davantage de performance ou même davantage de calme.
C’est apprendre à voir:
Voir ce qui se passe en soi.
Voir les pensées sans être obligé de les suivre.
Voir les émotions sans être immédiatement emporté par elles.
Voir les habitudes qui orientent notre manière de percevoir le monde.
Et, peu à peu, découvrir qu’il existe en nous une possibilité de présence qui ne dépend pas de chaque mouvement du mental.
« Yogaś citta-vṛtti-nirodhaḥ »
Derrière ces trois mots se trouve donc une véritable invitation :
ralentir, observer, discerner et ne plus se confondre systématiquement avec ce qui traverse l’esprit.
Elle s‘est formée d’abord en Inde où elle a vécu 2 années et a découvert la philosophie du yoga, cela a modifié profondément sa vision de l’existence.
De retour en France, elle se forme à un yoga traditionnel dans la lignée Satyananda. Elle s’y est formée au Hatha-Yoga, Kundalini Yoga et Raja Yoga.
Elle a suivi également un enseignement au Yoga du Son auprès de l’Institut des Arts et de la Voix.
Elle poursuit son cheminement avec l‘Ayurveda, science de la Vie, une approche de tous les aspects de l’existence pour vivre en harmonie avec l’environnement et ses aspirations profondes.
Elle se consacre pleinement au yoga et à son enseignement depuis 2014.
Agathe 06 52 58 97 51
agathe@larbre-yoga.fr
